Setsuki a écrit:
Art Spiegelman, auteur underground américain projette de réaliser une bande dessinée sur le parcours de son père, juif d’origine polonaise, pendant la seconde guerre mondiale. Pour ce faire, le dessinateur se rend chez lui et écoute le récit que lui fait ce dernier de son expérience des ghettos, des camps de la mort. Maus est donc la retranscription de ce témoignage poignant et sans fard au cœur de la barbarie nazie. Mais c’est aussi l’histoire de la relation d’un père et d’un fils que cette entreprise commune amènent à se revoir après des années de séparation et d’incompréhension.
Ah, là, Mister Setsuki, tu attires mon attention avec tes persos animaliers...
Maus est une oeuvre particulièrement atypique dans l'histoire de la bande dessinée, car Spiegelman se situe là au carrefour de plusieurs courants :
- la BD "animalière" ;
- la BD "documentaire" ;
- la BD "biographique" (ou même ici auto-biographique).
Bref, on pourrait véritablement parler ici d'un mélange de genres plutôt hardi... Mais c'est une expérience graphique qui, à mon avis, s'est imposée d'elle-même à Spiegelman, hanté par un passé famillial douloureux. On en revient à l'une de mes théories favorites : seules les personnes qui se sentent fondamentalement malheureuses parviennent à réaliser des chef-d'oeuvres !
Dans le cas de Spiegelman, je salue son courage à être parvenu à dessiner cette histoire qui le touche de très près... Mais, comme je l'ai déjà écrit ailleurs, il utilise le subterfuge commode (si apprécié des dessinateurs furry) de
travestir les acteurs en animaux.
D'ailleurs, il y a une scène assez révélatrice où l'on voit Spiegelman en compagnie de son psy : ils ont le visage manifestement
masqué (tous les deux avec des têtes de rongeurs). Donc, il me semble clair que l'auteur indiquait là, pour ceux qui ne l'avaient pas compris, que le déguisement des personnages est juste un procédé. Spiegelman, psychologiquement, avait sûrement besoin de ça pour parvenir à dessiner son histoire... Une histoire tellement douloureuse qu'il ne pouvait la raconter qu'en la déguisant un peu.