Nidoranium
Salut à vous ^^
Je me suis enfin motivé à ouvrir mon propre topic d'écriture, alors c'est parti J'écris énormément, mais ce sujet sera uniquement consacré aux histoires furry courtes, si vous voulez un aperçu du reste de mon travail, voici mon site web : https://nyraelwriter.wixsite.com/nyrael
Voilà une petite histoire toute fraîche de ce soir :
+ [spoiler]
Il dormait. Il dormait depuis si longtemps qu'il avait perdu la notion du temps, lové au fond de sa tanière tapissée de feuilles mortes. Dehors, la neige tombait à gros flocons, obstruant l'entrée de la caverne d'un lourd rideau blanc et humide. Il cligna des yeux, étonné de quitter le monde des rêves pour se retrouver dans l'ombre de sa grotte familière. Il s'étira, secoua sa longue encolure écailleuse et souffla un peu de fumée avant de se recoucher. Pourtant, il ne parvint pas à replonger dans son sommeil hivernal ; une pensée le tourmentait. Une toute petite pensée, pas plus grosse qu'une fourmi, qui courait à l'intérieur de son cerveau, agitant son esprit. Dehors, faisait-il jour ? Faisait-il nuit ? Peu importait aux créatures hibernantes, mais le dragon, une fois réveillé, voulait savoir. Creusant l'épaisse couche de neige qui fondait sous ses griffes, il se fraya un chemin jusqu'à la surface. Déployant ses larges ailes dans l'air glacial, il prit son envol et franchit la haute barrière des nuages. Là-haut, la Lune brillait au milieu d'un ciel sombre, pailleté d'étoiles. Le dragon admira le spectacle céleste un moment, voltigeant au ras des nuages. Il resta si longtemps dans le ciel qu'il s'y perdit et ne put jamais retrouver sa grotte. Mais il n'en fut pas chagriné, car son voyage l'avait amené dans un pays sans neige, sans hiver, où il avait élu domicile.
Et un texte plus ancien, toujours sur le thème de l'hiver et avec un dragon :
+ [spoiler]
Le printemps était déjà bien avancé, pourtant il faisait froid. Les premières fleurs qui tapissaient le sol recelaient les flocons d’une rosée givrée par le vent nocturne, les oiseaux se terraient dans leurs nids, bien à l’abri sous leurs couvertures de plumes. Le soleil pâle perçait à peine derrière l’épais voile de nuages gris sombres, annonçant la pluie à venir. Dans la clairière, rien ne bougeait, hormis les feuilles des arbres, doucement secouées par le vent. Une petite maison de bois, blottie contre la lisière de la forêt, laissait s’échapper la fumée blanche d’une cheminée allumée. Là vivait une vieille dragonne, presque centenaire, qui avait choisi le paisible séjour de la forêt pour terminer ses jours. Ce matin-là, la température faisait particulièrement souffrir ses os ; elle n’avait pas eu aussi froid depuis le mois de janvier, quand la forêt entière était recouverte de neige. Elle ajouta une bûche dans le feu et s’enfonça dans son fauteuil, enroulée dans une couverture. Les années précédentes, elle pouvait déjà s’installer à l’extérieur pour lire et faire la sieste, songea-t-elle. Elle ferma les yeux, savourant la douce chaleur du feu qui crépitait dans la cheminée et le parfum alléchant du ragoût qui mijotait dans la marmite posée au milieu des braises.
Soudain, elle entendit un bruit sec provenant du toit de sa maison – quelque chose semblait s’y être écrasé. Elle se leva lentement, dépliant ses membres raidis par l’âge et le froid, et se dirigea vers l’entrée de sa chaumière. La porte grinça en s’ouvrant et la vieille dragonne souffla une bouffée de fumée froide en sortant de chez elle. Plissant les yeux sous la lumière vive du soleil matinal, elle distingua une large masse blanche, couverte de plumes, posée sur les planches de sapin qui couvraient le toit. Elle battit lentement des ailes, essayant sans succès de prendre son envol pour se rapprocher de la créature immobile – était-elle blessée ? Pourrait-elle se relever ? La dragonne cria « Tout va bien ? » mais n’obtint pas de réponse. Elle décida alors d’aller chercher la grande échelle dont elle se servait en été pour cueillir les fruits de la forêt. Elle eut beaucoup de mal à déplacer l’échelle et, quand elle arriva enfin à la poser contre le mur de sa maison, la créature blanche avait disparu. Sur le toit, il n’y avait qu’une grosse branche tombée d’un arbre voisin. La vieille dragonne épuisée crut avoir rêvé et redescendit prudemment l’échelle. Une fois arrivée au sol, elle reprit son souffle bruyamment, son vieux cœur cognant dans sa poitrine. Le froid, de plus en plus mordant, l’empêchait de respirer correctement. Elle ferma les yeux un instant, cherchant à économiser ses forces au maximum. Lorsqu’elle les rouvrit, elle aperçut une silhouette vaporeuse perchée sur les branches du sapin qui surplombait la porte de la chaumière. Deux larges ailes blanches, déployées, encadraient un corps chimérique et éthéré, émanant une aura glaciale. La vieille dragonne trembla de nouveau, sans que le froid y fût pour quelque chose – elle savait ce que signifiait cette apparition. Les Griffons du Froid étaient les messagers de la mort. Terrifiée, la dragonne se rua de son mieux vers l’abri relatif de sa maisonnette, mais quand elle poussa la porte, elle découvrit le feu éteint. Elle plongea le bout de ses griffes dans le foyer : les cendres étaient glacées. Derrière elle, le griffon faisait claquer son bec, comme impatient de conduire l’âme de sa passagère par-delà la Lune. La dragonne se rassit lentement dans son fauteuil, au coin du foyer vide et poussa son dernier soupir.
Bonne lecture
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